Je suis perfectionniste. A défaut d'être une travailleuse hors normes, les efforts ne sont pas toujours payant. J'en fais les frais. Cela me conduit à mon auto-destruction moral, voir même physique. J'essaye de rester dans le moule, de rester dans la norme, mais je ne suis pas comme eux. Je n'ai pas les mêmes facilitées. Le pire dans tout cela, je n'ai pas l'impression que ces gens le prenne en compte. Alors même si de toutes mes forces je m'accroche, j'ai un beau jour finit par couler. On s'en est pris en quelques sortes à une part de mon rêve, ce qui reste non négligeable. A croire que la chance, elle nous sourit mais à tour de rôle. C'est chacun son tour. Et puis, je n'ai plus la force et encore moins l'envie de reconstituer le moindre petit éclat de travail. Parce que je suis étrangère. C'est comme si j'étais déjà partie. Comme si j'avais déjà déposé mes lourdes valises ailleurs. Pendant tout ce temps, j'essaye de me reconstruire. De rebâtir les remparts que j'avais établit, prendre du recul, me fixer de nouveaux objectifs. Et mêlé à tout cela les autres tracas du quotidien, vous obtiendrez un cocktail acidulé de choc. Tomber tout court ou tomber de haut c'est un peu une gymnastique en soit. C'est alors que je m'assimile à cette gamine, en équilibre sur sa poutre, dont tous les regards sont tournés vers elle. Elle sait qu'elle arrive au grand final de sa prestation. Lui reste un salto avant et elle pourra saluer la foule. Alors elle fixe un point sur le mur, une personne dans la foule, elle se fixe un repère, pour ne pas tomber durant sa figure, pour ne pas perdre pieds. Peux importe, lorsqu'on tombe, on s'en remet toujours à un repère sur lequel on pourra s'appuyer, se poser, se fixer, pour mieux se relever.
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